Retour à la liste
« Bien évaluer la valeur d'une PME » MONITEUR DES TRAVAUX PUBLICS ET DU BATIMENT
GILLES LECOINTRE, P-DG d'Intercessio,
cabinet spécialisé dans la transmission d'entreprises et auteur de «La transmission d'entreprise
en pratique» (Gualino éditeur).
Vous déplorez le manque de préparation
des chefs d'entreprise lors de la transmission...
Pour réussir une transmission, un travail psychologique est souvent nécessaire en amont. Il faut entre six mois et deux ans de préparation pour instaurer une relation de confiance entre le vendeur et l'acquéreur. Il n'est pas rare que la transmission échoue pour des détails, des broutilles.
Quels conseils donnez-vous
aux vendeurs et aux acquéreurs?
Pour le vendeur, de bien mûrir sa décision: beaucoup renoncent au dernier moment faute d'être réellement prêts. Autre écueil fréquent: le prix de vente. Il est souvent surestimé, de façon totalement irrationnelle. De son côté, le repreneur ne s'imprègne pas suffisamment de la psychologie du vendeur. C'est une erreur de vouloir voir tout de suite le bilan de l'entreprise sans chercher à comprendre son activité, son fonctionnement, ses clients. Le prix d'une entreprise n'est pas seulement la conséquence de ratios financiers.
Dans votre ouvrage, vous détaillez
les caractéristiques des entreprises
qui se vendent le mieux. Quelles sont-elles?
Elles disposent d'un avantage sur leurs concurrentes du fait de leur produit (technicité, mise en oeuvre...); elles maitrisent leur clientèle (fidélité, faible concentration); elles sont en croissance réelle ou potentielle; elles s'appuient sur une bonne organisation (ouvriers qualifiés, encadrement, degré de délégation du dirigeant..).
Existe-t-il un prix type d'une PME?
Non. Mais à partir de l'expérience et des cessions réalisées, j'ai calculé un prix autour duquel s'articule la grande majorité des transactions. Ce chiffre d'or de la valeur d'une PME c'est 2-6, c'est-à-dire deux fois les fonds propres et six fois la capacité d'autofinancement. Je conseille à tout vendeur et tout repreneur de partir de ce point d'équilibre avant de débuter une négociation. Si le vendeur est au-delà de ce ratio, il doit le justifier par des plus. Enfin, il ressort de l'analyse de 110 cas réels de transmission que les marges de négociation sont étroites: le taux de négociation est de 15% en moyenne.
PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE LE ROUX
|