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Comment trouver le juste prix La Tribune
Pour le repreneur, le prix raisonnable découle d'une analyse approfondie de l'entreprise et de sa capacité à en financer le rachat.
" Le juste prix, c'est celui auquel le cédant trouve un acquéreur, assène Gilles Lecointre, qui a d'autres formules pour le dire. Le juste prix, c'est le prix raisonnable, qui est lui-même le prix raisonné, c'est-à-dire argumenté. "
Certes, le bilan reflète peu ou prou l'activité de l'entreprise et sa valeur. Il devrait donc permettre de déterminer un prix objectif. Pourtant, deux entreprises qui ont le même bilan ne se vendent pas forcément au même prix. Pourquoi ? Parce que, au-delà des chiffres, il y a bien d'autres paramètres à étudier. Le savoir-faire de l'entreprise, son positionnement sur le marché, bref, son " empreinte ". La valeur financière doit donc être pondérée par des éléments non financiers. Or il est difficile de chiffrer des éléments qualitatifs. Avec son expérience dans les transmissions d'entreprises, Intercessio a mis au point un modèle de calcul, dénommé " Valentin " accessible gratuitement sur le site www.cession-entreprise.com, qui permet de calculer la valeur de l'entité à céder ou à reprendre selon le cas. Mais ce professeur de l'Essec suggère un autre moyen de déterminer le " juste prix ", c'est de s'intéresser au prix finançable.
Le juste prix, c'est celui que l'on peut financer. Sachant que, pour les établissements financiers, l'entreprise ne doit pas consacrer plus des deux tiers de sa capacité bénéficiaire au remboursement de l'emprunt, dont le terme est limité à sept ans maximum, les calculs sont les suivants sur les sept ans de remboursement, environ six années sont consacrées à l'amortissement du capital et une au paiement des intérêts. Vous avez donc six ans pour rembourser 70 %de la capacité bénéficiaire de la société, soit 4,2 fois cette capacité bénéficiaire. Le prix finançable est donc constitué par l'apport du repreneur plus 4,2 fois cette capacité bénéficiaire.
AVOIR UN PROJET BIEN BOUCLE
L'apport personnel peut être très variable. S'il est de coutume de dire qu'il doit se situer autour de 25 %, il ne faut pas s'interdire de monter un dossier lorsque l'on ne détient pas cette somme, notamment sur des projets modestes. En effet, un projet bien bouclé trouvera bien souvent le coup de pouce qui lui manque. Ainsi, l'association France Active (*) fédère des fonds territoriaux destinés à favoriser l'insertion par l'économique en apportant aux porteurs de projet un accès au crédit, une expertise et un soutien financier. " Nous sommes des intermédiateurs entre les banquiers et les créateurs ou repreneurs ", résume Jacques Pierre, directeur de l'association, dont l'activité se tourne essentiellement vers les publics en situation précaire (demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RMI...) ou les femmes. En effet, celles-ci, quelle que soit leur situation face à l'emploi, rencontrent plus de difficultés que les hommes à trouver des financements. " Après avoir évalué le projet qui nous est soumis, précise ce directeur, nous aidons le repreneur à élaborer son plan de financement, nous l'orientons vers certaines aides et nous proposons à la banque de garantir son prêt à hauteur de 50 % dans la limite de 30.500 euros ou 45.000 euros selon les régions. " Le coût de ce service ? 2 % de la garantie, payables à sa mise en place. Sachant que les prêts moyens financés sont de 20.000 euros, cela représente 2 % de 50 % de 20.000 euros, soit 200 euros. Un prix raisonnable pour une sécurisation.
(*) www.franceactive.org
PATRICIA ERB
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