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Gilles Lecointre : « Les vendeurs et acquéreurs de PME ne sont pas préparés » LES ECHOS
Statisticien de formation, Gilles Lecointre préside le groupe Intercessio, spécialisé dans la transmission d'entreprise. En partenariat avec l'Essec, il vient de créer l'Institut de la transmission d'entreprise et a mis au point un modèle de calcul du prix de cession d'une entreprise, fondé sur la valorisation du fonds de commerce (1).
Jean-Pierre Raffarin chiffre à 550.000 le nombre d'entreprises qui doivent changer de propriétaire dans les dix ans qui viennent. Y a-t-il lieu de s'inquiéter de cette situation ?
Les chiffres avancés par le gouvernement sont à prendre avec précaution. Il ne faut pas confondre
les désirs de ceux qui veulent vendre avec le nombre de chefs d'entreprise qui vont réellement vendre. Nous allons assister à un papy-boom, c'est vrai, mais l'âge n'est pas la seule variable décisionnaire. Par ailleurs, la France souffre d'un gros handicap : les vendeurs et les acquéreurs potentiels ne sont pas du tout préparés à ces transactions, tant sur le plan technique que sur le plan psychologique. D'où l'idée de créer un institut de formation à la transmission d'entreprise, pour aider les acteurs à trouver le bon moment pour vendre et acheter, au bon prix, en fonction des moyens humains en jeu et non exclusivement sur la base de critères financiers.
Pourquoi l'évaluation de l'entreprise est-elle toujours un exercice difficile ?
En général, les PME se vendent pour un montant équivalant à 2 fois leurs fonds propres et 6 fois leur capacité d'autofinancement. Ce n'est pas satisfaisant, car jamais le fonds de commerce n'est pris en compte. Je pense que c'est une erreur et qu'il faut évaluer les produits et les services de l'entreprise, ses clients, et son potentiel de développement, car ce sont les racines de l'entreprise, et les indicateurs fondamentaux de son avenir.
Concrètement, en quoi consiste votre nouvelle méthode de valorisation ?
J'ai élaboré un modèle empirique fondé sur 15 variables économiques telles que le secteur d'activité, le chiffre d'affaires, la situation nette... et qualitatives, telles que les marques et brevets, le niveau de technicité, le savoir-faire global, la fidélité de la clientèle, les avantages concurrentiels, etc. Ce modèle a été testé sur 450 cessions déjà réalisées : il s'est avéré fiable dans 95 % des cas.
(1) « La Transmission
d'entreprise en pratique »,
10 leçons pour réussir
une cession de PME, Gilles
Lecointre, Gualino éditeur,
296 pages, 29 euros
G. D.
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