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Industrie, négoce,services. Valorisez votre expérience ! DEFIS
Vérifier les stocks et les
machines, analyser les
effectifs salariés et les
clients... À chaque métier son approche particulière !
Selon une étude effectuée par l'Insee, seuls 22 % des reprises concerneraient des petites entreprises de services ou des PME de négoce et d'industrie. L'explication de ce faible chiffre ? Elle tient en un mot :
l'expérience. C'est qu'on ne «reprend pas une entreprise industrielle comme un hôtel-restaurant», indique Gilles Lecointre, auteur du livre la transmission d'entreprise en pratique. Qu'il s'agisse de se lancer dans les assurances, l'industrie automobile ou le négoce de puces électroniques, chaque secteur d'activité demande en effet des compétences précises. Mais dès lors que ces conditions sont remplies, reprendre une PME déjà organisée, avec des salariés formés, des infrastructures opérationnelles et une clientèle solidement constituée, peut vite s'avérer gagnant. «Lorsque vous avez de l'expérience, que le salariat
ne vous motive plus et que la création vous semble risquée, la reprise est souvent la meilleure solution», se justifie ainsi Henry Walsh de Serrant, repreneur d'une agence d'assurance à Nantes. Reste à savoir comment s'y prendre...
1-Industrie : savoir évaluer le matériel
Une entreprise industrielle vaut d'abord par ses outils de production. Lors de votre prise de contact avec la société que vous souhaitez reprendre, ne vous en tenez donc pas au seul bilan comptable et aux résultats économiques. L'une des premières démarches à effectuer consiste en effet à dresser un état du parc machines. «Demandez à visiter l'ensemble des locaux, muni d'une liste de points à observer», précise Gilles Lecointre. A vérifier avec précision : les dates d'achat du matériel, sa vétusté éventuelle, ses possibilités d'adaptation... II n'est pas rare en effet que l'ancien dirigeant, sachant qu'il céderait son entreprise, n'ait pas cru nécessaire d'investir dans la modernisation de son usine. Il faudra aussi faire attention aux normes de sécurité comme d'environnement. L'entreprise est-elle conforme ? Un audit a-t-il été réalisé récemment ? La réglementation est-elle amenée à se durcir dans un avenir proche? «Les administrations peuvent avoir laissé un entrepreneur tranquille pendant de longues années et décider d'un contrôle juste après la prise de fonction du repreneur», précise un expert. Dans un tel cas, il faudra alors payer des amendes et investir d'urgence. Gare à la tuile !
De la même façon, il est impératif de se tenir au courant de l'évolution de la technologie. L'arrivée sur le marché d'une nouvelle technologie rendant obsolète le matériel de la société est-elle prévue ? Avec quel type de machines travaillent les concurrents ? Ceci effectué, tournez-vous à présent vers les salariés et posez-vous la question de l'adéquation homme-machine. Dans les entreprises industrielles, il est en effet courant que les employés soient en place depuis de longues années, et donc habitués à travailler sur un parc de machines bien précis. En cas de modification de l'appareil productif, seront-ils alors capables de s'adapter ? Quels sont les coûts de formation à prévoir ? Vaut-il mieux faire appel à des salariés maîtrisant déjà la technologie ? Toutes ces questions ont l'apparence du bon sens. Mais elles sont indispensables, car elles per-mettent d'évaluer le coût des investissements nécessaires au futur développement de l'entreprise. Mieux vaut donc connaître celui-ci à l'avance et l'intégrer dans le coût du rachat plutôt que d'avoir de mauvaises surprises ensuite ! Pour toutes ces raisons, les entreprises liées directement aux évolutions technologiques se révèlent en principe dangereuses à reprendre...
Enfin, il est tout aussi primordial de se renseigner pour savoir si tous les brevets ont bien été déposés. De même qu'il est conseillé de rencontrer l'ensemble des partenaires de la société (sous-traitants, clients...) afin de se faire confirmer le maintien des opérations en cours et les conditions de règlement. On l'imagine, ces étapes demandent une bonne connaissance du secteur. «Inutile de se lancer là-dedans si on ne possède pas de solides compétences en dynamique industrielle», précise d'ailleurs Lionel Pellevoisin, qui a repris en 2003 Métal Rouge, une entreprise spécialisée dans la métallurgie.
2-Service et négoce : priorité aux salariés
Si votre choix se pose sur une société de services ou de négoce, la donne est tout autre. Pour les services, le matériel se réduit en effet souvent aux ordinateurs : un simple audit du parc informatique s'avérera souvent suffisant. Quant aux sociétés de négoce, il faudra faire attention à bien évaluer les stocks. Résultat ? En dépit d'effectifs salariés parfois plus importants, l'investissement pour ce type de reprise est moins élevé que pour les PMI.«C'est pour cette raison qu'après des recherches initiales dans le domaine de la sous-traitance industrielle, j'ai choisi de m'orienter vers une entreprise de services», témoigne Henry Walsh de Serrant, assureur à Nantes.
Dans ce secteur, le point le plus important concerne les salariés. «Davantage qu'une entreprise, j'ai d'abord racheté de la matière grise», indique ainsi Jean-Richard Maguet, repreneur de Coficentre, une entreprise d'édition de logiciels. Avant de reprendre l'entreprise, il faut donc rencontrer les employés qui la forment, identifier les hommes-clés sur lesquels s'appuyer une fois dans les murs et gagner leur adhésion. De même, étudier attentivement la politique salariale de l'ancien dirigeant est une étape importante. Cela implique de se plonger dans les contrats de travail, de comprendre comment marchent les promotions, les grilles de salaires, le 13e mois... Le moment du rachat est en effet une période clé dans les relations entre le repreneur et ses employés : certains d'entre eux tâcheront d'améliorer leurs conditions, d'autres de défendre des avantages pas toujours facilement compréhensibles pour le nouveau gérant. Mais attention ! Une fois à la tête de l'entreprise, ne révolutionnez pas tout. Ou au moins pas tout de suite. «Prenez le temps d'expliquer votre projet à tout le monde, évitez de prendre des décisions en secret, montrez votre attachement au travail fourni par votre prédécesseur», précise Gilles Lecointre.
Deuxième interlocuteur d'importance : les clients. Avant de reprendre une entreprise, il est primordial d'en dresser l'inventaire. Le mieux reste de les rencontrer directement avant même d'avoir racheté l'entreprise. Ceci afin de savoir ce qu'ils pensent du service, quels sont les points qu'ils appréciaient ou non chez l'ancien dirigeant... Si cette démarche n'est hélas pas toujours possible, il est en revanche indispensable de savoir combien ils sont et depuis combien de temps ils traitent avec la société. Identifier les bons payeurs des mauvais est tout aussi primordial : les dates de paiement conditionneront en effet le besoin en fonds de roulement de votre société. Et enfin, méfiance : sachez qu'il est très risqué de reprendre une entreprise dont l'activité ne repose que sur un seul client.
Stéphane Régy
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